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C'est souvent un sujet tabou, même s'il on peut reconnaitre que ça l'est de moins en moins. J'ai ce souvenir, enfant, que lorsque quelqu'un évoquait le fait de voir un psychologue ou un psychiatre cela signifiait qu'on faisait partie de la catégorie des fou. Ou du moins c'était les prémices qu'on allait craquer pour ensuite se faire interner.

Sauf qu'être suivi psychologiquement est loin d'être si simple et surtout stéréotypé. Effectivement, certains ont des soucis de ce genre mais on peut être suivi pour dépression au boulot, pour régler des traumatismes liés à l'enfance ou, dans mon cas, à cause d'une maladie.

Je n'ai pas honte :

Pour ma part je n'ai pas honte d'évoquer mes différents suivis. Car en fin de compte cela m'a beaucoup aidé, surtout dans le sens de croire en moi et d'arrêter de croire que j'étais un bon à rien. 

La première fois que j'ai vu une psy c'était en 2004. Cela faisait 1 an que l'on m'avait décelé ma Maladie de Crohn. Les médecins m'ont poussés  afin que je soit suivi. La raison ? Ils considèrent, de manière générale, que le Crohn modifie la vie d'un jeune. Qu'il ne peut plus faire comme ces potes car les contraintes et les effets aux quotidiens sont très pénible.

Il est vrai qu'aller aux toilettes 15 à 20  fois par jour c'est très contraignant. Que lorsqu'on a besoin d'aller aux toilettes, on n'a pas 30mn  ou encore si l'on veut que notre tube digestif ne fasse pas des caprices on doit éviter alcool, légumes, fruits, café, etc...

Combien de fois j'ai demandé à ma soeur de me ramener à la maison avant d'aller en sortie ou quand je faisais mes courses et que je devais laisser mon caddy sur place pour aller en urgence aux toilettes. Et je ne parle pas quand on est au travail.

Cette maladie, qu'on appelle aussi "La maladie du jeune" (ça touche les personnes entre 15 et 35 ans le plus souvent), est un vrai calvaire au quotidien.

J'ai donc vu une psychologue mais cela n'a pas duré. Puis en 2006, on m'a de nouveau poussé à consulter. Même effet, même constat. Et enfin, à ma sortie de coma et mon retour à la vie j'ai de nouveau été suivi.

Au début, en réanimation où j'ai pût exprimer mes doutes, mes peurs mais surtout essayer de comprendre ce qui s'était passé. Trois consultations m'ont permis de régler tout ça. A mon retour idem, suivi par la psychologue de la HAD (Hôpital à Domicile). Deux séances, et même effet, même constat.

En fait, ce qui ressort à chaque fois c'est que ma maladie ne m'empêche pas d'aller bien. Que, à priori, je gère tout ça de manière "remarquable" (mot des psys) et qu'en fin de compte je ne suis pas vraiment un "patient". Pourquoi ? Parce que pour eux, à chaque épreuve que j'ai dû surmonter, j'ai réussi à sortir la tête de l'eau et ne jamais m'effondrer.

Si je regarde en arrière, et tout ce que j'ai subi (8 opérations, 1 coma, 1 gangrène à la jambe, etc...), je ne sais pas où j'ai trouvé la force pour arriver à ne pas sombrer. Mon livre, s'il sort un jour (faudrait déjà que je le finisse), expliquera en détail par où je suis passé.

On me dit, tout le temps, "tu es courageux", "tu es un battant", etc. Mais je n'ai pas cette sensation d'être ça. La vie est faite de haut et de bas, de joies et de douleurs. Moi je fais comme tout le monde, j'essaye du mieux possible de gérer ce que le destin me donne ou me prend. Je ne suis pas plus courageux ou combatif que chacun d'entre vous. On a tous nos soucis plus ou moins important.

Ma vraie force est peut-être de penser que la vie "c'est bien" et de vouloir profiter des choses agréables même quand ça ne va pas. Je le répète, je ne sais pas où je vais chercher tout ça. C'est ma manière d'être, c'est tout.

Après, il y a des choses où je suis plus fragile, plus sensible. Et se sont sur ces points qu'une thérapie m'a fait le plus grand bien. Quand toute sa vie on se croit moins bien que les autres alors cela fait du bien de pouvoir exprimer certains mal-être. Mais surtout que c'est bon de pouvoir avancer, de trouver des réponses et de se sentir mieux.

Alors que ce soit une maladie ou tout autre problème n'hésitez pas à aller consulter, n'ayez pas honte. Et surtout l'entourage doit être compréhensif, on n'est pas fou. On veut juste se sentir mieux. Je dirais même que c'est très intelligent d'avoir la force d'affronter ces démons, cacher ou fuir n'est pas une solution;

Alors demain, on croque la vie à pleine dents ???

kEv