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Habituellement je mets en lumière ou critique un club, un sportif professionnel. Cette fois j'ai envie de parler d'un club amateur de football.

Je ne suis pas du genre, pour ceux qui me connaissent, à passer de la pommade facilement.

Ce club, est l'A.S Plombières, de la ville thermale de Plombières-les-bains dans les Vosges (88). Vous allez dire, "c'est facile, c'est son club". Effectivement, c'est mon club mais plus que pour 10 jours car je déménage à 800km (Montauban, 82) pour raison professionnelle.

 

J'ai envie de mettre ce club en avant, en lumière car les dirigeants, les coach et les joueurs ont su me redonner goût au football, l'envie de me battre sur un terrain, envie d'être le plus performant possible et surtout reprendre confiance en moi. Et aujourd'hui, on a gagné le dernier trophée que je pouvais obtenir avec eux. En plus chez le club qui m'a viré il y a 3 ans (Le Val D’Ajol). J'ai eu l'honneur de pouvoir coacher cette équipe, en remplacement du coach de l’équipe 1ère partit en vacances. On me fait confiance une dernière fois à quelques jours de mon départ, je voulu leur rendre par cette victoire au Trophée De Buyer !!!

 

J'explique. Il y a presque 7 ans, les médecins me prédisaient une amputation de la jambe droite. Atteint de la maladie de Crohn depuis 2003 j'ai dû assez vite arrêter le football. A l'époque j'ai 21 ans, un âge où j'aurais dû pouvoir montrer mes capacités footballistiques afin  de confirmer que j’étais capable de jouer en Excellence/Ligue. Mais comment peut-on jouer au football quand tu vas 15 à 20 fois aux toilettes par jour. Malgré tout je continue mais je perds assez vite mon niveau, je prends du poids car je ne peux plus faire les efforts d'avant. Quand on est un compétiteur, la pilule est dure à avaler.

 

Puis en 2005, Une plaque rouge apparait sur ma jambe, et un trou se forme au niveau du tibia avec la gangrène qui s'en suit. Trois mois de traitement sous cortisone et soins locaux qui ne permettent pas de me soigner. Je n'arrive plus à marcher, ou presque. Je suis un dur au mal, pour m'arrêter il y en faut plus. J'ai donc un trou dans la jambe et énormément de plaques noires synonyme de la mauvaise circulation du sang dans ma jambe. Jusqu'au jour où les médecins évoquent l'amputation. On m'explique qu'il va falloir étudier cette option et que si d'ici à 2/3 semaines il n'y pas d'évolution il faudra couper. On augmente ma dose de cortisone à 180mg/jour. Je ne vous explique pas mon angoisse, ma peur, les pleurs et les questions que j'ai pu me poser lors de cette annonce. Pour un homme ou une femme c'est déjà une épreuve mais pour un footballeur qui pratique ce sport depuis l'âge de 5 ans, c'est un monde qui s'effondre.

 

Et puis, la chance ? Un miracle ? En tout cas bizarrement le traitement se met à faire effet. Ensuite s'en est suivi 9 mois de traitement lourd. Puis quand cela se termine, la maladie trouve un autre moyen de te faire mal, de compliquer ta vie. Des infections à l'arrière train (anus), avec 4 opérations en 1 an (2006) à la clef, 8 mois d'un autre traitement avec d’autres soins et 25 kilos de perdu.

 

A cette époque, marcher, courir puis rejouer au foot deviens petit à petit des étapes magnifiques, un réel bonheur, une joie immense. On apprend à profiter des choses simples de la vie. Je ne voulais que me faire plaisir, retoucher la balle, rigoler avec les copains. Je me souviens de l'étonnement d'un copain à la vue de mes jambes où il ne me restait plus que la peau sur les os. 

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J'ai repris doucement mais je n'avais plus confiance en moi, plus le physique, plus l'envie de me faire mal aux entrainements. Une réelle désillusion.

Ensuite, il y eu cette opportunité de coacher une équipe, une bonne équipe mais malheureusement ça ne se passa comme je l'avais espéré. Une fin en queue de poisson avec certaines personnes (dont un pseudo adjoint qui travaillait dans mon dos pour avoir mon poste). Une nouvelle grosse désillusion. J'avais coaché les jeunes très tôt et passer chez les séniors était une évidence. Cet échec amène les doutes, à savoir si je suis capable d'être à ce poste. J'étais perdu. Plus confiance en moi en tant que joueur et encore pire pour devenir un bon coach (sans formation).

 

Puis le Président de l'A.S Plombières vient me chercher pour s'occuper de l'école de foot et jouer avec l’équipe B en Promotion de 1ère division. J'étais dans le dur, dans le doute et on me donne une nouvelle opportunité, on me refait confiance et il était hors de question de laisser passer ma chance.

 

Tout se passe bien avec les jeunes de l'école de foot, on finit même champion mais cela reste anecdotique. Puis il y a ce coach, Daniel, qui me découvre et qui au fur à mesure me fait confiance malgré certains matches où je ne suis pas du tout au niveau. Cette confiance, je veux lui rendre, lui montrer qu'il a raison. 5 ans sans jouer c'est long, faut reprendre le rythme, ses automatismes et apprendre à jouer avec ces coéquipiers. Alors je décide de faire les 2 entraînements de la semaine pour être meilleur, pour retrouver un certain niveau. Mon coach mérite que je m'arrache. Puis je reviens à un bon niveau, pas celui de mes 17/ 22 ans mais un niveau qui me permet de me sentir à l'aise à mon poste (milieu défensif) et dans l'équipe. Je revis, je prends du plaisir, en  gros je kiffe. Et surtout mon esprit de compétiteur revient. J'en veux plus, je veux tout défoncer même si je sais que je ne retrouverai jamais mes capacités d’antan où j'étais  svelte, mince et où je pouvais courir 10 km en moins de 45 mn. Mais je m'en fou je prends mon pied.

 

L'année suivante, ce même coach me demande de devenir son adjoint en prenant l'équipe B. Un nouveau challenge et une nouvelle fois on me fait confiance. Je me sens bien dans ce club et je veux en faire plus, m'investir d'avantage mais malheureusement je n'en n’aurais pas le temps puisque je dois partir pour de nouvelles aventures.

 

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Pour terminer, comment ne pourrais-je pas parler de mes coéquipiers ? Des joueurs avec qui j'adore me retrouver les soirs d'entrainements et les dimanches. Des joueurs qui ont su être patient avec moi, qui ont su m'accueillir et me mettre à l'aise dès mon arrivée.

 

Evidemment, je me fais chambrer. Sur mon niveau, sur mon poids ou sur mes boulettes mais jamais rien de bien méchant. Bon je peux avouer, que quelqu'un d'exigeant et de susceptible comme moi a du mal parfois avec certaines vannes. Ça reste gentil donc je ne dis rien.

Une ambiance entre joueurs qui est incroyable, un groupe qui vit super bien et qui a su surmonter certaines difficultés la saison dernière (On a joué 18 matches à 9 ou 10 voire à 8) mais avec le maintien et le prix du fair-play.

Après chaque match, victoire ou défaite, on allait boire un coup au bar du village où évidemment ma préférence pour le Monaco au lieu du Picon bière a toujours été une opportunité pour me faire chambrer.

Ils ont quand même réussi à m'emmener en boîte après 5 ans d'abstinence sur le Dance Floor.

 

Voilà j'ai presque fini. Je voulais rendre hommage à ce club sympathique avec des gens extra. Je ne suis pas facile à émouvoir mais ce soir lors de ce cri de victoire au Challenge De Buyer, j'ai eu les boules, j'avais la gorge nouée car c'était la dernière compétition avec eux.

Je vous dis à tous MERCI. Michel, Daniel, Gilbert et puis surtout à vous les mecs. Je vous souhaite beaucoup de réussite cette saison et pour celles qui vont suivre. Ne lâchez rien, même dans la difficulté vous vous en sortirez. Gardez cet état d'esprit et ça roulera.

 

Voilà pourquoi je voulais les mettre en lumière. J'ai galéré, j'ai failli perdre ma passion pour toujours et j'ai su revenir grâce à eux, grâce à vous.

 

Meeeeeeeeeeeeeeerciiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!!!!!!!

 kEv