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Dès vendredi soir j'ai senti que quelque chose n'allait pas. Déjà le matin je me sentais un peu plus fragile. Rien de grave. Comme si j'avais chopé un coup de froid. Cette sensation a été présente toute la journée.

Le soir j'ai signalé à Audrey que plus rien ne s'évacuait de ma Stomie. Je suis partit me couché après le match de l'Euro en étant plus fatigué que d'habitude.

J'ai pris des antidouleurs. Dans la nuit j'ai commencé à avoir des maux de ventre. Cela s'est amplifié petit à petit. J'ai passé une mauvaise nuit. Le matin je ne me sentais pas bien, ballonné comme si j'avais envie d'aller aux toilettes mais que rien ne sortait.

J'ai fait assez vite le lien entre ma stomie et mes symptômes. J'ai tenté de tenir, de boire pour essayer que tout ceci s'arrange et me soulage. Mais plus je bois, plus j'ai mal. Je suis obligé de régurgité tout pour me sentir mieux. Je ne veux pas aller aux urgences, j'ai promis à ma fille de l'emmener à St Etienne et à Lyon ce week-end, je ne veux pas l’en priver. Pas encore une fois, encore de ma faute.

Mais rien n'y fait plus les heures passent, plus je douille. Je contacte mon spécialiste qui m'a laissé son portable perso en cas de soucis. Il me conseille de prendre du Débridat et du Spasfon mais c'est pire. A 15h je n'en peux plus. Je me résous à aller aux urgences à Toulouse. Ma maman m'y emmène.

Mais avant de partir, je craque. Je me mets à pleurer. Non pas parce que j'ai mal ou que j'en ai marre mais parce que je sais que je vais rester à l'hôpital et qu'encore une fois je vais priver mes enfants de moments de joies unique et de partage. Je pleure car par ma faute tout tombe à l'eau.

Sur le chemin de l'hôpital je souffre. Je n'ai plus de forces, je me suis battu avec la douleur toute la journée et je suis épuisé. Je me demande même si je ne vais pas faire un malaise. Mais non je suis costaud, je tiens le choc.

Arrivé là-bas, je demande de suite des calmants, je souffre de trop. Je me surprends même à crier tellement j'ai mal. Ouf, le Tramadol en injection me soulage et je pars faire un scanner.

Résultat c'est un bouchon de selles. Il empêche mon caca de sortir dans ma poche, ce qui a comme effet de stagner dans mon ventre et de me faire souffrir. Le bouchon est moins important que prévu, pas besoin de m'opérer. Enfin une bonne nouvelle. A priori c’est rare mais comme je dis au Doc « Avec moi les choses rares c’est pour ma pomme ».

Ils enlèvent la poche pour accéder à ma stomie. Ils me mettent une sonde où ils injectent de l'eau pour ramollir les selles. Ça fonctionne et en 10mn tout s'échappe. Mon ventre est vidé et je vais beaucoup mieux. Ma maman a attendu et la voilà soulagée même si je sais bien que tout le monde s'inquiètera encore et encore.

 

Je ne changerais jamais :

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Je pense à mes enfants. Car en plus du week-end à Lyon, j'avais promis d'emmener Eden voir la mer et son parrain Dimitri ainsi que tata Marylin. Je demande au médecin "Quand est-ce que je pourrais sortir ?". Il me répond que si mes résultats sont bons demain je pourrais.

Je passe une nuit paisible, sans douleurs. Idem le matin. Mes résultats sont très bons donc je suis content car je vais sortir. Mais j'apprends à 13h30 que le médecin ne passera pas de la journée, qu'il veut me garder une nuit de plus.

Hors de question. Je me sens bien, j'ai connu pire. A mon sens il me garde parce qu'il ne peut pas venir me voir. Je ne vois pas pourquoi je resterais pour ces beaux-yeux. Je remplis une décharge pour pouvoir sortir. En même temps je me dis que si je vais bien et que je suis en forme lundi je pourrais peut-être emmener Emma voir Slovaquie-Angleterre et son parrain comme prévu. N'oublions pas que c'est la fête des pères et que mes enfants ont déjà subis assez de choses cette année pour encore les priver de m'offrir les cadeaux qu'ils ont fait par amour pour moi. Et une nouvelle fois de les rendre inquiets.

Je pense à eux, rien qu'à eux.

Evidemment que je ne suis pas des plus sérieux. Mais j'en ai tellement marre de devoir faire subir mon handicap à tout le monde. J'en ai tellement marre de priver mes gosses et ma femme de choses qui rendrait notre vie moins triste.

Tout le monde dit "Ce n'est pas de ta faute". Dans un sens c'est vrai et d'un autre non. Forcément que je n'y peux rien d'être malade mais malgré tout, indirectement, c'est quand même de ma faute. Je culpabilise mais je ne prendrais aucun risque lundi. Si je ne me sens pas suffisamment en forme on restera à la maison. J'ai déjà annulé mon séjour à Toulon et Draguignan avec Eden. On se fera ça plus tard.

Je suis rentré cet après-midi. Je me sens fatigué mais bien. Je vais faire une bonne nuit et on verra demain matin.

Une chose est sûr je ne changerais jamais mais en même temps c'est ce qui fait ma force. Je ne lâche rien.

 

Alors les jeun's demain on se retrouve à St Etienne ?

kEv