969733_10201866803178379_619927640_nJuillet 2013

Ce mercredi (6 juillet 2016) j'ai appris la date de ma prochaine opération. Ce sera donc  le 18 août 2016.

Une annonce qui m'a fait plaisir et donné beaucoup de joie.

Je peux enfin entrevoir une petite lumière au bout du tunnel. En espérant que tout se passe bien évidemment.

On va me retirer ma Stomie pour rétablir la continuité. C'est-à-dire que je vais retrouver un corps presque normal et une santé meilleure. En tout cas c'est le but.

Et je peux de nouveau imaginer reprendre mon travail.

Un métier que j'aime, que j'adore même si j'ai beaucoup souffert avant de tomber gravement malade.

 

2003 c'est la découverte de la maladie et de mon futur métier :

 

Je suis actuellement Directeur de centre de loisirs depuis 4 ans. Et je dois avouer que ce n'est pas le poste que je préfère.

Déjà car j'aime être sur le terrain et surtout car je pense être trop gentil. Je dois forcer ma nature pour être directif ou parfois réprimander mes anims. Je ne suis pas à l'aise ni très bien quand je le fais.

J'aime le travail en équipe, la rigolade et l'entraide. Tout ceci j'ai dû mal à le retrouver en étant Directeur. J'ai l'impression d'être seul, souvent critiqué, pas aimé et parfois mis en danger. Que cela soit par mes anims, les parents et mes responsables.

J'ai du mal à m'imposer et à ce que tout ça ne me touche pas. Il faut être très fort dans sa tête pour assumer ce genre de poste et je crois que je ne le suis pas encore.

Si je le peux,  je reviendrais à ce que j'aime le plus, être animateur pour adolescents en quartier. Même si on aussi à faire à des critiques, on a plus de moments de joies et de partages.

J'adore ce public, les familles, les cultures différentes. Je me sens merveilleusement bien et ça me manque. Loin des clichés que l’on voit à la télé. Les quartiers c’est beaucoup d’humilités, de convivialités, de respect et d’amour. Beaucoup plus que dans les petits villages que j’ai côtoyé.

Malgré tout j'attends avec impatience de retrouver mon poste de Directeur fin 2016 ou début 2017. Toutes ces épreuves m'ont changés et m'ont appris à mieux me connaître. J'espère pouvoir être un bien meilleur directeur, un bien meilleur collègue même si les médecins refusent à présent que je bosses à temps plein. Au moins pendant quelques années. J’ai fait beaucoup d’erreurs par manque d’assurance et de caractère.

 

IMG_5760Juillet 2005

Il a même été évoqué un arrêt définitif de mon métier à cause du stress et de la pression.

 

Que faire si cela arrive ?

Mon rêve a toujours été de bosser dans le sport. Journaliste ou intégrer un groupe en tant que coach, adjoint ou coupeur de citron. Même laver les chaussures m'irait très bien😂😂.

Mais je n'ai jamais été fan de l'école. Difficile d'être journaliste. Coach, ma santé m'a empêchée de passer mes diplômes et aujourd'hui c'est trop tard.

Il faudrait un sacré miracle pour que je réussisse dans ce domaine. Je me verrais bien consultant car je pense connaître le football plutôt assez bien, voire plus. Mais bon cela reste qu’un rêve.

Mais quoi faire si on m'enlève mon métier ? Je n'ai aucun talent, aucune autre formation pour faire autre chose. Ça me tracasse quand même un peu. J’ai un BEP électronique qui ne me sert à rien, le Brevet des collèges, le BAFA et le BPJEPS (niveau BAC) avec ça je ne vais pas chier loin.

En attendant j'écris mon livre et mets à jour mes blogs. Peut-être que ça m'ouvrira des portes avec de la chance. En tout cas cela me permet de faire d’autres choses pendant ma convalescence. Déjà presque 2 ans sans bosser (avec quelques reprises, 1 mois par-ci, 12 mois par-là).

La meilleure option reste quand même l'animation.

 

Une expérience non-négligeable :

 156112_10200405356243119_471162396_nNoël 2012

 

Être directeur a été aussi un moyen de me stabiliser professionnellement et financièrement. Car dans l'animation trouver un poste en CDI et à 35h en tant qu'animateur reste rare. Avec une famille je devais trouver une solution.

Mes années d'animateurs ont été géniales. J'ai commencé avec les 3-6 ans jusqu'aux ados. J'ai travaillé en centre de loisirs, dans des associations, poney-club, Maison de quartiers et colo. J'ai rencontré des gens géniaux et j'ai surtout de grands souvenirs.

J'ai fait du théâtre, du surf, du poney, des camps sous tente. Je me suis déguisé en Père Noël, Farfadet, indien et filles (dans la reprise du sketch « Tourné ménage »). Et en beaucoup d'autres choses.

Mais ma plus grande fierté c'est d'avoir donné le sourire à des enfants, d'avoir fait des projets avec des jeunes de quartiers et d’avoir pût les aider par moment.

J'ai aussi beaucoup appris de ces gamins qui sont pour certains parents maintenant. En 13 ans j'en ai vécu des choses. Surtout des belles.

 

DSC_1442Avec les ados d'Epinal

Je suis aussi fier d'avoir été celui qui a créé le centre de Plombières-les-Bains de À à Z (fonctionnement, budget, convention, recrutement,...) en étant le directeur la 1ère année. Il fonctionne maintenant depuis 6 ans.

Alors mon métier et ma maladie sont liés car l'un et l'autre m'ont fait devenir un adulte ensemble dès 2003.

 

Je ne peux les dissocier :

 

Ma maladie m'a appris à me battre et à être plus fort, plus responsable. Mon métier m'a aidé à garder le moral quand je souffrais dans ma chair.

J'ai à ce jour été opéré 10 fois en 13 ans. Je suis allé travailler avec des plaies ouvertes, des abcès anales, des douleurs abdominales et bien d'autres trucs.

Mais à chaque fois, grâce aux enfants, j'ai gardé un moral d'acier sans jamais m'effondrer surtout quand je vivais seul dans mon petit studio de 30m2. J'ai 2-3 souvenirs où je m'occupais en 2006 des 3-6 ans pour une Associations à Héry (89) et j'avais des abcès anales alors je me trimbalais avec une bouée d'enfant (une baleine était imprimée dessus). Ils se fichaient de moi ces petits trous-du-cul mais c'était si innocent que j'en rigolais moi-même. Cela m'a permis de relativiser et de me changer les idées. D’être bien.

 

Idem quand j'ai failli perdre ma jambe en 2005 et c'est grâce à ma Directrice Caro que j'ai pût me soigner correctement. Je n'arrivais presque plus à marcher car le sang ne circulait plus. Un matin elle m'a renvoyée chez moi "Je ne veux pas te voir tant que tu ne seras pas soigné". Merci à elle.

 

J'en ai des tonnes d’anecdotes, des histoires comme celle-là mais mes plus fortes sont celles avec les ados de quartier. A Auxerre j'étais stagiaire BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l'Education Populaire et du Sport), où avec 6 jeunes je les ai aidés à réaliser un documentaire sur le club de l'AJ Auxerre. Un an et demi de travail, reçu à Europe 1, France Bleu et L'Yonne Républicaine avec la finalité en mars 2009 de diffuser le documentaire devant 200 personnes au cinéma d'Auxerre. (Voir ci-dessous). Ils ont été sérieux, motivés et solidaires. Je suis fier d'avoir partagé ça avec eux.

 1ère partie (18mn)

2ème partie (4mn)

Bilan du Projet par France 3 Bourgogne :

 

Tout comme à Epinal en 2011 où avec une collègue on a emmenés 12 ados du quartier de la ZUP faire un séjour de 5 jours dans les Hautes Vosges. On a dormi dans des tentes et des yourte sans portable ni ordinateur mais en devant s'occuper des ânes qui portaient nos affaires lors de nos randonnées. Croyez-moi j'ai vécu des moments merveilleux en voyant ces jeunes épanouies et heureux. J'avais en face de moi d'autres jeunes que ceux du quartier. Ces ados et leurs familles ont été si reconnaissants envers nous.

C'est pour tout ça que j'adore mon métier, que je souhaite le retrouver mais que je devrais peut-être, malheureusement, un jour l’abandonner. Et à ce moment-là je serais sûrement perdu ne sachant plus quoi faire pour m'épanouir... Un petit coup de pouce du destin ne sera pas de trop pour essayer de faire carrière dans le sport ou autre.

En attendant j'ai juste hâte de retrouver une vie sociale car j'ai de la chance d'avoir un métier qui plus est que j'adore. Pourquoi me plaindre ?

 

Alors les jeun's demain on kiffe la vie ?

IMGP0020IMGP0262IMGP0264

KeV