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Mars 2016 : 1 an plus tard ça va mieux


J'attends cette opération avec impatience. L'idée est de me remettre en place les organes car j'ai une éventration assez pénible. Comme a dit le chirurgien "Il va y avoir du boulot. Vos organes sont tous du même côtés et il y a une partie où il n'y a rien". Il va remettre tout ça, me poser une plaque, retendre les muscles et refaire ma cicatrice. Normalement je serais hospitalisé 7 jours puis je devrais observer 3 semaines sans effort. Il peut y avoir des complications telles que l'éventration qui revienne ou que la plaque s'infecte. Dans ces cas-là on réopère et on recommence. On verra bien je suis solide.

J'ai envie de retrouver une vie et un physique normal. Heureusement que j'ai un moral d'acier pour assumer tout ça. Mais pour mon quotidien j'espère enfin tourner la page. Le livre ne sera jamais refermer car je ne le veux pas. Je considère que de garder en tête mon calvaire me permet de profiter de la vie. 

Demain je fête mes 36 ans avec mes enfants et ma femme. Je suis habitué de ne plus avoir mes parents et ma sœur. Il y a 1 an nous étions que tous les quatre mais j'avais passé une belle journée malgré mon état préoccupant. Emma & Eden m'avaient cachés des petits cadeaux dans la maison, tout autour de mon lit afin de ne pas me faire forcer (j'étais en fauteuil roulant). J'ai fait durer le plaisir pour eux et pour moi. Un moment magique.

Le bonheur est parfois plus proche que ce que l’on croit et pas forcément très cher.

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Mon éventration - Avec ma stomie il y a 9 mois - Avec ma voie centrale il y a 13 mois

Anniversaire + opération = kdo & objectifs

C'est vrai que les deux évènements sont liés dans ma tête. Je me suis promis de faire plusieurs choses quand mes soucis de santé seront terminés. La première, et pas des moindres, ça sera de reprendre le football. Ma passion de toujours, seulement toucher la balle, m'entraîner un peu et refaire quelques matches pour le plaisir. J'ai assez de caractère pour savoir que je réussirais. J’ai perdu trop de temps.

Après ça sera un saut en parachute. Pour moi c'est dire "J'ai touché les nuages de près l’année dernière mais je préfère la terre ferme". L'autre objectif sera de réaliser une course au côté d'Emma qui m'aide à courir, à m'entrainer. 

Mardi j'aurais l'un de mes plus cadeaux. Je suis invité par Pascal Dupraz (entraîneur de Toulouse) à venir voir l'entraînement, rencontrer les joueurs puis déjeuner avec lui. Parler avec un coach de cette envergure est vrai beau cadeau. Maintenant, comme je le disais plus haut, je veux profiter de la vie et me consacrer à rendre heureux les miens en espèrant être à la hauteur.

Une page qui se tourne

Depuis le 1er février je suis en invalidité 2ème catégorie et déclaré officiellement inapte pour continuer mon métier (Educateur en quartier ou Directeur CLSH). Du coup je vais me faire licencier pour tenter de me reconvertir dans le journalisme sportif. Ce n'est pas un choix, même si cela me plait beaucoup, le hasard m’a amené à débuter en 2015 en tant que pigiste. Est-ce que je vais être à la hauteur ? Je ne sais pas.

J'adore le symbole du Phoenix "Qui renait toujours de ces cendres" car je trouve que cela me convient bien. Quand on croit que je suis bon à rien ou que je ne pourrais pas me relever de certaines épreuves j'arrive toujours à relever la tête. On peut parfois croire que je suis une personne prétentieuse ou que j'aime parler de moi mais c'est plus parce que je doute de moi. C'est une façon pour moi d'être rassuré. Je me sous-estime tout le temps.

Si je prends du recule je sais à quel point je me suis battu toute ma vie que cela soit dans ma famille, professionnellement, footbalistiquement, pour ma santé ou en tant qu'homme. Je le redis mais quand depuis ton enfance on te dit "Tu es nul, tu ne feras rien. Tu vivras dans la rue" alors tu y crois. Donc quand tu réussis des choses qui te paraissaient impossible à tes yeux, tu as envie de le crier sur tous les toits. J'ai 36 ans et pourtant je crois encore à mes rêves.

Je suis devenu Directeur d'une structure. Quand je dis à ma famille "vous n'auriez pas misé 2 francs sur moi, hein ?.", tout le monde acquiesce. Mon rêve était d'être papa et un bon mari, sur ce point je suis comblé.

Mais il y a des choses plus anecdotiques, comme le fait d’avoir eu la chance de croiser des gens qui me paraissait inaccessible. Travailler avec Pacal Vahirua (joueur pro Auxerre et Int. Français), faire 5 jours de stage à l'AJA avec Jo Radet au centre de formation ou échanger avec Pascal Dupraz me paraissait impossible. Et pourtant... Mon père me croyait incapable de bosser en quartier ou être coach senior car soi-disant trop faible ou sans caractère.

Mais là où je suis le plus fier c'est que dans la maladie je ne me suis jamais effondré. Te faire opérer seul 4 fois d'affilé sans être soutenu ou accompagné n'est pas simple. Quand en 2003, à 21 ans, on te décèle la maladie de Crohn et que ton entourage te fait comprendre qu'ils ne veulent rien savoir alors  il faut trouver les ressources pour ne pas te mettre une balle. Comme il y a 1 an quand on ne me donnait plus qu’1 chance sur 10 de vivre. Je n’ai jamais rien lâché.

Mais croyez-moi je suis quelqu'un de simple qui n'aime pas se la péter. Même si je pense avoir quelques qualités. Je suis par exemple un papa aimant qui sait s’excuser quand j’exagère. Professionnellement je pense pouvoir apporter, j’aimerais forcément bosser dans le domaine du sport. Mais surtout je sais que je ne suis pas quelqu’un de méchant.

Dans le fond je suis un enfant dans un corps d'homme. Je n'ai jamais rien obtenu par facilité, je me suis toujours battu et je le ferais encore. Croire en ces rêves est un bon moyen de se sentir vivant.

Gâteau d'anniversaire 35 ans

 

Anniversaire 2016 avec mes petits anges

L’avenir proche

Professionnellement, j'aimerais m'installer dans le journalisme et faire de la radio. La radio je pense que ça me conviendrait. A ce moment-là, la page sera vraiment tournée.

Cette année j'aimerais avant fin mais j’aimerais allez voir Griezmann à Madrid avec mes enfants et voir un match à Glasgow début septembre. On verra tout cela après l'opération. 

Début juin il y a la finale de la Coupe du Tarn-et-Garonne pour les U15 et j’aimerais bien, en tant qu’adjoint, que l’on y soit.

Enfin, j’espère pouvoir emmener ma famille aux states et Euro Disney mais on a le temps. Je suis en vie… Et pour encore longtemps.

Tout ça pour dire qu'il faut profiter de la vie et croire en ces rêves même à 36 ans.

Kev

PS : Si vous ne connaissez pas mon histoire tout est dans les articles précédents