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Voilà c'est officiel depuis hier matin, je sais que je vais avoir une 13ème opération en rapport avec ma maladie de Crohn. Treize opérations en 15 ans, c'est pas mal non ? 

Le chiffre 13 est souvent synonyme de chance ou de mal-chance. Pour ceux qui me suivent, vous savez que le chiffre 8 a été celui qui aurait pût me voir trépasser. Mais quenini mon seigneur Godefroy, je suis un roc, je suis un cap, que dis-je ? Je suis une péninsule... Ok, je délire. Ce qui prouve que le moral est de retour. Donc, la 13ème opération est prévue pour janvier 2018. Le chirurgien veut me laisser tranquille pour cette fin d'année. Il n'y a pas d'urgence médicale.

La connaissance de son corps

Il y a 1 semaine j'ai senti une gêne que j'ai de suite assimilé à une éventration qui aurait lâchée. J'ai vu mon médecin traitement qui a confirmé l'hypothèse puis j'ai pris rdv avec mon chirurgien pour qu'on se voit afin de savoir s'il y avait vraiment un problème. J'ai donc passé un scanner en urgence hier matin (mercredi 27) et j'ai enchainé avec un entretien avec le Docteur Béliard (chirurgien). 

Le résultat est simple, la prothèse sur l'une des petites éventrations à bien lâchée, et pas qu'un peu. J'ai à priori 7-8 cm d'éventration. Malheureusement, cela pouvait arriver. Quand le chirurgien m'a opéré en mars pour la grosse éventration (voir photo), il en avait découvert une seconde plus petite. Il mis une prothèse mais le destin fait que ça n'a pas tenu. 

 J'ai demandé si je devais faire moins d'efforts, s'il y avait une urgence de m'opérer et les deux réponses ont été "Non". On va donc m'opérer au mois de janvier 2018. Au bout de 15 ans, je connais mon corps, au bout de 15 ans j'arrive à trouver ce qui ne va pas chez moi à la moindre douleur. C'est un point positif qui me permet de gérer mon crohn du mieux possible au quotidien. Et même si j'ai des jours compliqués, il est hors de question de m'appitoyer sur mon sort. Il y a pire que moi sur terre, je ne suis pas à plaindre.

Je dis cela mais j'ai eu une semaine compliquée moralement. Pas à cause de l'opération ou de l'éventration. Je trouve juste le temps long, je trouve mes journées routinière. Je ne voyais pas de portes s'ouvrir professionnellement ou je ne voyais pas où j'allais, et ça me pesait. Me sentir faible, inutile est pour moi difficile. Je ne suis pas du genre à apprécier l'inactivité. Mais j'ai la chance d'être bien entouré, j'ai la chance que certaines personnes croient en moi.

Ma femme m'a rassurée, mon chirurgien m'a conseillé et mon boss m'a regonflé. J'avais un peu la tête dans le sac et là je me sens mieux. Ils ont été important ces derniers jours avec la confiance qu'ils portent en moi, pour le soutien sans faille et surtout pour les projets qu'on a tous ensemble. J'espère seulement que ça va aboutir, ça serait pour moi une vraie bouffée d'oxygène ! Je le répète (sur les post précédents) mais je suis quelqu'un qui doute de moi, qui ai besoin de me sentir soutenu même si je parle souvent de moi. Ce n'est qu'un moyen d'extériorisé !

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Emma, je dois la protéger

Mes rayons de soleil sont mes enfants. Quand je ne suis pas en forme ils sont là pour me faire sourire, ils sont là pour me faire oublier les douleurs et surtout ils sont très attentionnés avec moi. Cela devrait être le contraire. J'essaye de les protéger mais je ne veux pas leur cacher quoi que ce soit, de toute façon ils sentent quand je suis dans le dur. 

Mais celle qui s'inquiète le plus et qui essaye de me protéger c'est Emma. Les aléas de la vie ont fait que notre relation est fusionnelle. A sa naissance, sa maman n'a pût s'en occupper (depression post-natale) jusqu'à la naissance de Eden j'ai tenté de faire le relais, j'ai tenté de protéger mes deux femmes que j'aime. Emma je m'en suis occupé jour et nuit. Pour vous dire, c'est une petite fille qui aide les infirmières quand j'ai mes soins, qui veut être infirmière ou médecin "pour te soigner papa" et fait toujours attention à moi. Elle a 7 ans et est adorable, formidable. Elle a décidée d'aider les enfants malades à mes côtés. 

Hier soir, elle n'était pas bien et m'a appelé en pleure alors que je coachais mes U15. Elle m'a dit "Papa j'ai peur, je ne veux pas que tu souffres encore, je ne veux pas que tu meurs". Se sont dans ces moments-là où j'ai le plus de peine mais je désamorce, je la rassure et je lui explique que son papa est costaud. Il est important que j'accompagne mes enfants dans leur vie, que je les accompagne pour éviter ou limiter que tout cela les pertrurbe trop.

J'espère que ce chiffre 13 me portera bonheur et me permettra de sortir enfin de cette galère que je trouve infiniment longue. Je suis rebooster et terminé de me tracasser. J'ai des gens super autour de moi et la roue va tourner. J'en suis persuadé. Il faut quelques fois des passage à vide pour pouvoir rebondir.

La vie est belle, faut en profiter comme si demain était le dernier jour.

Alors les Geek, demain on rassure nos petits bouts de cul ?

Kev