téléchargement (2)

Dans la société actuelle, l'apparence et le regard des autres est hyper important. C'est pour cela que l'on essaye tous de faire des régimes, que l'on se trouve toujours trop vieux, trop moche, trop gros ou trop de trop... Et puis quand on regarde les photos du passé, on se sent frustré, on aimerait être ce que l'on était jeune.

Je ne suis pas exclu de ce genre de complexes. Dans ma famille, être trop gros ou pas dans les normes sociétales a toujours amené des réflexions (surnom "Gros") ou "T'aurait pas grossi ?.", "Faut arrêter la mayo" etc., etc. J'ai pendant longtemps cru que je n'étais pas normal, que personne ne m'aimerait pour ce que je suis ou même que ma femme pouvait être dégoutée en me regardant.

Et puis, est arrivé l'opération de janvier 2016 où la mort est passée tout près. Un mois de coma, pronostic vital engagé, fauteuil roulant, perte de 30 kilos est au final 8 opérations en 3 ans avec un yoyo dans le poids (de 111 kg dans le coma avec tous les sédatifs à 74 kg à mon réveil puis aujourd'hui 101 kg pour 1m83). Mais surtout la grosse cicatrice au milieu de mon ventre.

Je n'ai pas honte de cette cicatrice, je n'ai pas honte de me mettre torse nu et je me fous de ce que pensent les gens. Par contre, je ne m'aime toujours pas devant la glace et ce qu'elle renvoie de moi avec mon poids. En plus de ma femme, je ne veux pas que mes enfants aient honte. Ma fille, Emma, s'inquiète du regard des gens face à ma cicatrice et me dit quand on va à la piscine "papa, je suis triste. Je ne veux pas que les gens te ragerdent et se moquent de toi en regardant ta cicatrice". Je lui dis qu'il ne faut pas être triste et que les gens on s'en fiche, on est avant tout là pour passer un bon moment. Puis elle oublie...

Mais que se passera-t-il à son adolescence ? Sera-t-elle, tout comme mon fils Éden, toujours heureuse de s'afficher à mes côtés ? Pas si sûr.
Lors de ces 8 opérations, on m'a enlevé la vésicule. À première vue, cela ne change rien mais c'est faux. Mais en fait la vésicule permet de réguler les graisses (même les bonnes) et de ce fait, pour ma part, je ne maigris plus (ou difficilement). J'ai beau faire du sport tous les jours, j'ai beau manger plus équilibrer qu'avant mon coma et en moins grande quantité, mon poids varie de + ou - de kg. Je fais toujours attention lors des photos pour ne pas qu'on voit mon menton, je m'habille toujours en large car je déteste me sentir boudiné. 

Et même si ma femme, d'après ce qu'elle dit, me trouve très bien et une de ses collègues lui a dit "Ton mari n'est pas gros, il est bien je toruve et puis il a certain charme. Il est marrant en plus". C'est toujours bon à prendre mais je ne m'enflamme pas pour autant. Je ne suis pas Brad Pitt ou Georges Clooney quand même.

IMG_6179[1]

En mars on m'a décelé un foie trop gras. Forcément après 3 ans d'inactivité fallait pas s'attendre à autre chose. D'après mon spécialiste, la seule solution pour réduire ce foie et remplacer le manque de la vésicule c'est faire 2 à 3h de sport par semaine. Je ne maigris toujours pas mais je me muscle. Ce n'est pas encore top mais je dois continuer... Je me sens mieux. Ce travail est avant tout pour moi, pour mieux m'accepter tel que je suis. Si je ne m'aime pas, si je ne m'accepte pas comment puis-je m'imposer aux yeux des autres, être respecté pour ce que je suis et non pour ce que je parait être ? Quel message j'envoie à mes enfants si un jour l'un ou l'autre se trouve dans la même situation que moi (le poids, pas la maladie) ?

C'est un énorme travail psychologique et le chemin est encore long, très très long. 

C'est pour cela que j'ai choisi de faire face à moi, pour mieux m'accepter en faisant une photo, et j'espère que cela m'aidera. Et comme toujours si mon regard sur nos différents complexes peut aider d'autres personnes alors tant mieux... Si mon expérience de malade aux 13 opérations du Crohn, aux différentes épreuves vécues... Ni plus, ni moins que la plupart d'entre vous...

Alors les geeks, demain on se sent bien dans notre peau ?

Kev