"A ce moment-là (du 1er au 20 mars) je subi chaque jour. Mais je ne dis rien, j'encaisse. Si je reste fort c'est parce que j'ai peur de repartir à l'hôpital et si je craque moralement on m'y renverra.
Il est de mon devoir de ne pas craquer, de montrer que je suis fort. Je dois protéger Audrey et mes enfants, ils doivent voir en moi qu'on va vers le positif. Mais je souffre dans ma chair et dans ma tête.
J'ai peurs.
Du coup, je ne dis rien, ne pleure pas ou peu et je souris bêtement. Et quand on me demande si ça va, je réponds avec conviction "oui, oui".
Je peux avouer aujourd'hui que j'ai caché beaucoup de mes sentiments pour protéger les miens. Il y a des jours où j'aurais aimé craquer, me laisser aller et sûrement m'effondrer. Est-ce que j'ai voulut que tout s'arrête ? Oui. Au point de vouloir mourir ? Non. En cas pas dans mes souvenirs.
Mais sans mes 3 amours c'est possible que je l'aurais souhaité.
Penser à mes parents, ma sœurs, ma famille et mes amis ? Franchement rien à foutre. Il est évident que je les aime tous, la question n'est pas là.
Mais je ne suis pas sur terre pour vivre ça.
11 opérations, un coma, des douleurs quotidienne, de la honte, des moqueries, une jambe que j'ai failli perdre et sûrement d'autres choses qui m'attendent, vous croyez qu'ils vivent pour me voir comme ça ? Qu'ils méritent de se pourrir la vie à me voir souffrir ?
Ils ont leur vie à faire.
Faut être franc, que si j'étais une vraie loque, il serait mieux pour tous que je sois au Paradis.
C'est vrai sans Audrey, Emma et Eden j'aurais peut-être été un gros égoïste ... Ou pas. Si ça se trouve je serais encore resté debout pour me battre.
Tout ceci n'est que suppositions.
La question ne se pose plus aujourd'hui "