Voilà on y arrive. Demain c'est le gd jour. Je ne peux m'empêcher d'avoir peur, je ne peux m'empêcher de revoir et repenser à comment j'ai souffert ces 3-4 dernières années. J'ai peur de revivre certaines épreuves, j'ai peur 😳 que tout cela continue.

Mais je n'ai pas peur de mourir, j'ai peur seulement d'abandonner ceux que j'aime 😘. Je suis prêt à souffrir si cela me permet de retrouver une vie un peu prêt normal.
J'ai hâte d'y être mais j'ai peur d'y être. Personne ne peut imaginer à quel point cela été difficile et que même si physiquement je vais mieux rien n'est terminé. Plus rien ne sera comme avant.

Je le dis, oui j'aurais dû mourir, oui on a pleuré et on s'est inquiété pour moi. Parfois c'est un fardeau. Un fardeau car certains veulent que je sois redevable. On me dit "tu es courageux", "tu es fort 💪🏻" mais derrière tout ça il y a un petit bonhomme qui essaye de faire profil bas. J'essaye d'être costaud car il faut avancer.
Je paraît solide mais je suis également assez sensible.

Je suis à la fois réaliste et un grand rêveur. Alors oui le fait d'être un miraculé, comme disent les médecins, a changé ma vie. Et même si je suis triste de ressentir chez ma sœur ou d'autres un ras le bol, une sensation de "nous aussi on a souffert", celui qui se bat depuis 14 ans au quotidien c'est moi. Ceux qui souffrent, me voient et s'inquiètent chaque jour sont Audrey, Emma et Eden. Celui qui pourtant garde, enfin je crois, le sourire, c'est moi. Sur ce point je suis égoïste et sans pitié.
Est-ce j'attends un remerciement de ma mère parce que petit je restait à son chevet quand elle souffrait ? Est-ce que j'ai attendu de la reconnaissance quand ma petite sœur était très malade 😷 et que je l'ai soutenu malgré que j'allais subir une opération ? Ni pour elles ou pour d'autres. Si je fais quelque chose, je le fais avec le coeur sans attentes, ni arrières pensées. Je gère mieux la douleur physique que sentimentale.

À 5 jours de mon opération, j'ai été au plus mal jusqu'à il y a 2h (une gastro). Croyez-moi j'aimerais de temps en temps que les merdes me laissent tranquille.
C'est mon quotidien, je dois rester vigilant à chaque instant.

Les faits :

Je dis cela car j'arrive à 14 ans de vie commune avec le Crohn. Que je vais subir ma 12ème opération, que l'on a failli me couper la jambe à cause d'une gangrène (2005) dû aux traitements. Ma jambe gangrènera deux autres fois (2009 & 2010). Mes 4 premières opérations sur Paris personne de ma famille ne m'a accompagné ou soutenu (j'avais 25 ans). Alors mon Crohn ce n'est pas que 2016 et 1 chance sur 10 de vivre. C'est 14 ans d'un quotidien compliqué mais je suis toujours allez travailler ou jouer au foot ⚽️. J'ai assumé mes responsabilités de père et de mari même quand j'étais au plus mal.
Je suis allé travailler avec des plaies ouvertes car je ne lâche rien, car j'assume mon rôle. Trois jours après une opération j'étais sur le banc à coacher mon équipe.

Oui j'ai peur et oui j'ai hâte d'y être. Peur que cela ne s'arrête pas et hâte de tourner la page.
Vous savez quoi ? Je ne souhaite qu'une chose, en juin pouvoir me promener main dans la main en famille avec fierté sur la plage torse nu sans avoir honte. Regarder derrière moi et voir partir au loin toutes ces galères et leurs dire "à bientôt 👋 mais prenez votre temps" car je sais qu'un jour cela reviendra (le plus tard possible).

Je ne me prends pas pour un super mec ou un super héros. Je sais que je cause parfois trop et à d'autres moments je rapporte les choses à moi. Mais c'est juste car au fond je suis timide et c'est une manière de me protéger.
Merci à tous ceux qui me soutiennent et aident ma petite famille. Des jours compliqués arrivent mais ne dit-on pas "il faut souffrir pour être beau ?" Moi je veux souffrir pour être moins moche et être assez en forme pour encore plus vous cassez les bonbons 🍭😂😂😂.

Quoi qu'il arrive, je me battrais toujours...
Merci à tous

Alors les Geek 🤓 je vous dis à bientôt 👋 après l'opération.

Bises les fidèles.

Kev