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Tout est dans la tête

Depuis que je suis en vacances, j'ai repris cette sale habitude de regarder ce que je suis ou quelle apparence je renvois. Je vais me peser presque tous les jours, j'évite de me regarder dans le miroir et au bout du compte j'ai honte de mon corps, de mon visage. Je me déteste.

Et puis, j'ai eu un flash. J'étais entrain de nager dans la mer et là, je me suis rappelé où j'étais il y a 16 mois, de comment j'étais il y a 12 mois et d'un coup je me suis dit "Mais tu es un gros naze. Tu te préoccupes de ton poids et du regard des autres alors que tu reviens de nulle part. Tu as échappé à la mort d'un poil de fesse, tu n'arrivais plus à marcher ou parler et tu as honte de toi ? Il y a 1 an tu avais un tuyau qui sortais de ton ventre et le regard des autres tu en avais rien à foutre. Mais tu es un gros naze, un imbécile. Surtout que ce qui t'as sauvé c'est ton poids, sans cela tu ne serais plus de ce monde. Réagis gamin.". Eh oui, je n'ai pas le droit de peser en-dessous de 90kg sinon en cas de crise cela deviendrais dangereux. 

En janvier 2016, au moment de me faire opérer je pesais 98kg. Pendant mon coma avec tous les traitement je suis monté jusqu'à 110kg puis je suis retombé en juin 2016 à 76kg soit 22kg de moins que mon entrée à l'hôpital. Si je faisais mon poids de forme, 80-82kg, en cas de crise je ne pèserais plus que 58-60 kg. Vous croyez que j'aurais survécut ? Clairement non. 

Les gens ne savent pas, ne savent rien. A chaque réflexions j'aimerais leur expliquer la vie, leur expliquer pourquoi mais on irait encore dire que je parle de moi ou que j'utilise ma maladie. Si seulement les gens savaient ce qu'était mon quotidien. Si seulement, ils pouvaient comprendre que je m'en veux chaque jour de renvoyer à mes enfants un papa faible ne pouvant pas les porter ou de faire qu'ils s'inquiètent quand je pars chaque moi à l'hôpital car ils ont peur à nouveaux que je ne revienne jamais. Si seulement les gens savaient que même en vacances la maladie ne me laisse pas tranquille au point d'aller chaque jour à midi faire mes soins dans un cabinet infirmier, ou que si j'ai le malheur d'oublier de prendre mon traitement je vais passer 2h aux toilettes le temps que cela fasse effet. Il y a ce que je peux ou ne peux pas manger car selon ce que j'avale je serais mieux ou moins bien. Et puis il y a cette immage de moi quand je fais un peu d'effort, je suis épuisé. Je suis faible. Pour un gars qui a toujours fait du sport, je ne peux pas courir, nager, porter un pack d'eau ou seulement laver mon fils.

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Tout ceci est un quotidien des plus pénible dont j'essaye de ne pas trop me plaindre mais il y a des soirs comme aujourd'hui où il y a un trop plein et je dois évacuer. Demain, tout ira mieux et je serais prêt à nouveau pour le combat.

En écrivant ceci, je tente de réagir mais lorsque le monde tourne autour du régime et des tailles 36 ou que si tu n'as pas d'abdos en tablettes de chocolats tu ne fais pas partie de la norme. Et puis il y a ceux qui te dises "Ben dis donc tu as bien repris" ou "Faut avoir un gros ventre pour faire coach ?", des réflexions qui m'ont toujours touchés malgré un sourire poli. 

Mais c'est vrai que je suis con. Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Est-ce que mon poids ou ma morphologie montre ce que je suis réellement ? Je ne crois pas. Je pense avoir un coeur qui bat pour les autres, je sais que j'ai subi des tas de choses dans ma vie et que je m'en suis toujours relevé. Ce que je renvois dans le miroir ne fait pas de moi un homme détestable ou mauvais. Les gens jugent sans savoir, critiquent sans comprendre et préfère la médisance à la bienveillance. Moi je tente de faire l'inverse.

J'ai compris cette année, par de nombreux témoignages, que je suis apprécié pour ce que je suis (également détesté). J'ai fait de très belles rencontres comme celle de Fred Chambon, mon Président au foot, qui m'a témoigné beaucoup d'amitiés et de soutiens alors qu'on ne se connait que depuis peu. Ou la rencontre avec Pascal Dupraz et de ce maillot dédicacé offert par tout un club (Labastide-du-Temple) pour mon combat et mon travail de pigiste. Et puis j'ai mes amis de toujours, Aymé et Dim, qui sont de loin les meilleurs amis du monde depuis 25 ans. Je sais que ma famille ne sera jamais seule si je devais partir. 

Ma femme et mes enfants restent hors compétition tellement je me suis battu pour rester près d'eux. Ils sont ma force et si je me bats c'est pour mes 3 amours.

J'ai toujours été plus compris par le monde extérieur que par ma propre famille alors pourquoi je me torture l'esprit avec les gens ? Ceux qui valent vraiment la peine, n'est-ce pas ceux qui vous montrent de vrais intentions positives ? 

Ce petit post n'est pas que pour moi, il est aussi pour ceux qui n'aiment pas (comme moi) leur poids ou leur physique ou tout autre complexe. Je sais que c'est un travail difficile à faire sur soi mais quand on y arrivera, la satisfaction sera encore plus grande. Et puis les autres, on les emmerdes non ? 

 

Alors les Geeks, demain on emmerde les autres ?