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Je vais vous raconter l’histoire d’un papa de 34 ans (En 2016) à qui on laissait 1 chance 🍀 sur 10 de vivre en janvier 2016.
Un papa atteint de la maladie de Crohn depuis 2003.
En janvier 2016, le 15 plus exactement, je me fais enlever un bout d’intestin. Fin 2015, les maux de ventres étaient synonymes de fistules et d’abcès à cet endroit de mon corps. Le Remicade (Anti TNF) n’avait que l’effet d’un ralentisseur. J’avais des injections toutes les 4 semaines avec un dosage plus élevés que la plupart des patients prenant le même traitement 🤮.
Quatre jours après mon opération, une suture pète et je me retrouve transféré en Urgence 🚨 en service de Réanimation dans une autre clinique. Nous sommes en fin de journée, vers 21h. Je préviens ma femme par texto sans connaître la gravité de mon cas, « Chérie ne t’inquiète pas je suis transféré à la clinique de Parc. Tout va bien je t’appelle en arrivant ». Je ne la rappellerais jamais en arrivant. Arrivé là-bas dans un état critique, on m’enlève 1 litre de pus de l’estomac et je tombe dans le coma.
Je vais y rester 21 jours avec sur les dix premiers jours un pronostic vital d’une chance sur dix de m’en sortir. Pendant ces dix jours, Audrey va appeler la clinique sans savoir si j'ai passé la nuit. Les médecins ont appelés ma femme, le soir de mon transfert, vers 23h 🕚 pour lui signifier la gravité de mon état. Elle a dû être forte 💪🏻 pour ne pas craquer devant notre fille Emma (5 ans) et notre fils Eden (3 ans). Elle également dû prévenir mes parents, ma petite sœur et ma famille, sans oublier la sienne. La mienne est à 600km (Auxerre) et ma belle famille à 800km dans les Vosges (On habite vers Toulouse).
Je ne peux expliquer ce qu’ils ont vécus, la douleur, l’angoisse et la peur de peut-être perdre son mari ou son papa. Mes résultats n'étaient pas bon et en dernier recours il y fallu me dialyser. Mes médecins ont prévenus ma femme "Si la dialyse ne fonctionne pas cette nuit, ça en sera fini pour votre mari". Dur le choc !!!

Les infirmières comme une deuxième famille

Pendant ces 21 jours où je fais la sieste 🛏, je ne me souviens pas de grand chose. Mais il y a un rêve, dont je me souviens parfaitement. Je n’ai pas vu de lumière blanche, je vous rassure.
Par contre, je me souviens de ce rêve ou de cette illusion. Je ne sais pas comment l’appeler, où le dessin animé préféré de mon fils Eden, « Les nouveaux Héros » avec le robot B-Max m'est apparu dans mon sommeil, dans mon coma. Je cherchais les personnages du dessin animé dont B-Max, et je tentais d’en trouver d’autres afin de faire la suite. Eden était présent.
Je ne sais pas si ce rêve, ce souvenir m’a aidé à rester en vie. Je ne sais pas si le fait que ce soit le dessin animé de mon fils m’a aidé à garder le contact avec ceux que j’aime.
Quand on a vécu, ce que j’ai vécu, on peut aussi se poser des questions sur le côté paranormal. Une personne m’a dit un jour que j’ai eu le choix de partir et de ne plus revenir auprès des miens. Le choix le plus facile d’après lui mais l’amour que je porte à Audrey (ma femme) et mes enfants à pris le dessus. Et j'ai choisi de revenir, de prendre le chemin le plus compliqué.

Dans une dizaine de jours (Le 10 janvier 2018) je subirais une nouvelle opération, la 13ème. Je reste persuadé que cela se passera bien mais on ne peut faire abstraction de tout ce que l’on a subit il y a presque 2 ans jour pour jour. J’ai des flashs, des souvenirs, des sensations et des odeurs qui m’arrivent en pleine tête. 

On oubliera jamais cette épreuve, tous les quatre. Cela a renforcé l’amour que l’on se porte, et surtout cela a changé notre vision de la vie. Je me suis réveillé sans pouvoir parler, écrire ✍️ ou marcher. J’avais une stomie a mon réveil et j'étais dialysé. La reconstruction est longue, que ce soit physiquement et aussi moralement. Cela fait deux ans mais j'ai encore des traumatismes.
Il est juste dommage que mon père n’est pas compris la valeur de la vie en ayant failli perdre son fils... Au moins pour ces petits enfants. 
B-max m’a t-il sauvé la vie ? Probablement, je me suis sûrement raccroché à ce souvenir pour revenir près des miens dans une période où Eden avait de plus en plus besoin de moi. Il demandait ma présence pour tout le quotidien.
Pour l’anecdote, quand il a pût venir me voir au bout de deux mois à l’hôpital, ma femme lui a dit « Tu es content de voir papa ? ». Eden a répondu « Non, papa rester hôpital » en faisant la tête. Idem quand je suis rentré à la maison 🏡 début mars. C’est compréhensible, il a sûrement cru que je l’avais abandonné alors qu’il avait besoin de moi.
Tout ça pour dire « Accrochez-vous ». Je sais que j’ai la chance d’avoir une belle petite famille est non*négligeable dans mon processus de guérison et que comparé à d'autres j'ai peut-être un peu plus de chance. Je ne m’en plains pas. Avant ce bonheur, j’ai souffert, galèré et été seul pour surmonter ce Crohn. J'ai vécu des moments de doutes où je croyais que je serais jamais heureux ou que je ne m'en sortirais jamais. Mon abnégation a finie par payer. Alors ne lâchez rien, croyez en vous, croyez en l’avenir et surtout croyez en la vie... Un jour vous aurez le bonheur que vous méritez et peut-être que B-Max viendra vous délivrer 😉💓.

Je ne remercierais jamais assez le corps médical et plus particulièrement les infirmières. Elles ne sont pas récompensées à leur juste valeur. Ni pas la reconnaissance, ni pas le salaire ou par l'ingratitude des patients et de leurs familles. Elles ont accompagnés ma femme et ma famille de manière extraordinaire, surtout moralement. Elles ont été d'un grand soutien et on peut considérer qu'elles ont été une seconde famille pour les miens.

Alors les Geeks demain, on se regarde « Les nouveaux héros » ?

Bises les amis

Kev